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L'autorité a t-elle de l'avenir en entreprise ?

mardi, 13 December 2016 10:47
Jean-Baptiste BRIMONT
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L’autorité incontestable du manager régnant sans partage sur son équipe, son service ou sa direction semblerait appartenir à une époque révolue. Pourtant, dans une France centralisatrice, verticale et dont la culture hiérarchique reste prééminente, cette mort annoncée de l’autorité ne va pas de soi. La culture du chef reste forte dans de nombreux secteurs et rest encore un mode de management très largement utilisé. Par ailleurs , si de nouveaux modèles managériaux ont permis de redéfinir la notion d’autorité en entreprise, ces évolutions pointent des paradoxes et des réflexions qui nous paraissent loin d’être résolues :

1.      La crise de l’autorité : le débat permanent sur la crise de l’autorité n’épuise pas pour autant le sujet et constitue une clé d’entrée. Depuis trente ans, sinon plus, le discours public pointe trois sous-éléments dans la crise de l’autorité : l’autorité parentale, l’autorité de l’enseignant et l’autorité de l’État sont décrits comme étant en crise. La crise s’est étendue aux entreprises : les hiérarchies sont remises en cause, les responsables sont contestés et souvent pris entre le marteau et l’enclume notamment au niveau du middle management.

 

2.      L’évolution de la société post-industrielle : la société industrielle et scientifique était basée sur la rationalisation de la production avec la division du travail. La société post industrielle repose sur l’innovation, la différenciation, une forte concurrence et une créativité permanente. Tous ces facteurs appellent l’autonomie, une organisation souple et ouverte et des acteurs agissant de manière autonome afin de gérer la complexité. L’autorité s’accommode mal (ou alors au prix d’injonctions paradoxales qui seraient longues à décrire ici) d’une évolution qui pousse vers davantage d’autonomie et de transversalité.

 

3.      L’individualisation du travail : pour les plus diplômés, l’entreprise est perçue comme un lieu d’expression de son individualité. Les choix sont en partie faits en fonction de ce qui est utile pour la carrière et c’est par rapport à ce point que le salarié trouve des raisons de s’investir ou pas dans l’entreprise : quelles compétences à acquérir, quelles stratégies pour évoluer de manière favorable, quel choix de parcours professionnel ? Le travail devient un outil de l’expérience, un lien de réalisation de soi où l’autorité est vécue comme une contrainte, un frein à la liberté d’entreprendre individuellement.

 

4.      Une liberté ressentie comme anxiogène : les entreprises ont répondu aux évolutions sociales issues des années 60 en accélérant le passage d’organisations bureaucratiques et scientifiques jugées comme aliénantes à des modèles favorisant l’individualité. Cette mutation a été accompagnée d’une forte responsabilisation des acteurs et une atomisation des rapports sociaux au sein des entreprises : adaptabilité, polyvalence, management par objectif, culture de la performance individuelle etc. Cette apparente liberté est devenue un facteur anxiogène dès l’apparition du chômage structurel.

 En conclusion, le recul de l’autorité au sein de l’entreprise est à la fois la résultante d’un nouveau cadre, de nouveaux modèles économiques et posent d’autres problèmes en période de chômage de masse. L’autorité absolue n’a plus cours car elle est vécue comme aliénante et infantilisante. En outre, l’individualisation du rapport au travail se traduit souvent par un sentiment anxiogène pour les salariés.

 


Lu 480 fois Dernière modification le mardi, 13 December 2016 10:51
Jean-Baptiste BRIMONT

Jean-Baptiste BRIMONT

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